Le train des fraises

On l’appelle comme ça dans la famille. Le train des fraises. Rien à voir avec une ferme laitière. C’est une expression qui fait littéralement référence à un train, qui fait trembler les rails avant d’entrer dans la gare. Le hic, c’est qu’il n’arrête pas. Lorsqu’il passe devant nous, il faut sauter dedans, prêt ou pas. Cela ressemble à ça, produire des petits fruits.

Quand les fraises sont prêtes, tout le reste attend, on retient notre souffle, et on fonce tête baissée pendant 3 semaines en suivant les rails. C’est un marathon que l’on court pendant 500 heures. Tous les jours et les semaines se ressemblent et n’en finissent plus. On travaille du lever au coucher du soleil, et parfois même un peu plus, et on n’arrive pas à accomplir toutes les tâches. C’est une course contre la montre pour arriver à cueillir, vendre ou transformer un maximum de fraise avant qu’elles ne se gaspillent aux champs. On ne peut pas se permettre de ralentir une journée pour reprendre notre souffle lorsqu’on considère que la fraction la plus importante de notre chiffre d’affaires annuel se réalise pendant cette période.

L’ironie du cordonnier mal chaussé

À travers tout ça, on oublie souvent de manger des fraises. Je suis certaine que beaucoup d’entre vous nous imaginent savourer la fraise apprêtée dans de superbes tartes ou gâteaux, et que l’on détient LA recette de confiture aux fraises parfaite. Et bien non. C’est même tout l’inverse. En fait, je suis complètement jalouse de nos clients qui ont le temps de faire des desserts aux fraises. Je crois bien ne jamais avoir fait une tarte aux fraises de ma vie (la honte, ne le répétez à personne! c’est notre petit secret).

Et après les fraises?

Et après tout ça, quand le train nous ramène à la gare une fois la dernière fraise récoltée, et que l’on pose le pied sur le quai immobile, le contraste de vitesse nous fait parfois perdre pied… pour nous faire atterrir la tête la première dans la montagne de paperasse en retard qui s’est accumulée sur le coin du bureau depuis la fin juin. Pas de répit pour les fermiers, que cela soit au champ ou devant l’ordi. Ce n’est pas parce que les fraises sont terminées qu’on est en vacances, même si on ne peut pas s’empêcher de pousser un soupir de soulagement quand cette étape est derrière nous.

Mais qu’est-ce qu’il se passe sur une fraisière après les fraises? Et bien il y a les framboises, le maïs, la vieille fraisière à détruire pour laisser place à la rotation bénéfique des cultures, une infinité de travaux de restauration de bâtiments ou de machinerie, etc.

Et au travers de tout ça, on espère toujours trouver un peu de temps pour nous, avant la fin de l’été, pour profiter un peu de tout ce que le Témiscamingue a à offrir! Cela ferait du bien une petite sortie à la pêche ou une soirée à la Table Champêtre de l’Éden Rouge. Et on aimerait bien le voir nous aussi, ce fameux Parc Opémican!

Et vous amis fermiers et jardiniers, trouvez-vous du temps pour des loisirs durant l’été? Ou tout n’est que boulot – train – dodo?

Madeleine Olivier

Madeleine Olivier

Chroniqueuse

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